La vie sans bornes

Le sens, rien que le sens. Ce que nous voulons : TOUT. Le carnaval des mots dits

10 novembre 2007

Puisque la place est libre...

Ainsi Dingo reprend la main... avec Vous

Dingo

Posté par dingos à 05:18 - Politique - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


14 octobre 2007

NI DIEU NI MAITRE

L_o

Bagnard, au bagne de Vauban
Dans l'île de Ré
Je mange du pain noir et des murs blancs
Dans l'île de Ré
A la ville m'attend ma mignonne
Mais dans vingt ans
Pour elle je ne serai plus personne
Merde à Vauban
Bagnard, je suis, chaîne et boulet
Tout ça pour rien,
Ils m'ont serré dans l'île de Ré
C'est pour mon bien
On y voit passer les nuages
Qui vont crevant
Moi je vois se faner la fleur de l'âge
Merde à Vauban

Bagnard, ici les demoiselles
Dans l'île de Ré
S'approchent pour voir rogner nos ailes
Dans l'île de Ré
Ah! Que jamais ne vienne celle
Que j'aimais tant
Pour elle j'ai manqué la belle
Merde à Vauban
Bagnard, la belle elle est là-haut
Dans le ciel gris
Elle s'en va derrière les barreaux
Jusqu'à Paris
Moi je suis au mitard avec elle
Tout en rêvant
A mon amour qu'est la plus belle
Merde à Vauban

Bagnard, le temps qui tant s'allonge
Dans l'île de Ré
Avec ses poux le temps te ronge
Dans l'île de Ré
Où sont ses yeux où est sa bouche
Avec le vent
On dirait parfois que je les touche
Merde à Vauban
C'est un petit corbillard tout noir
Étroit et vieux
Qui me sortira d'ici un soir
Et ce sera mieux
Je reverrai la route blanche
Les pieds devant
Mais je chanterai d'en dessous mes planches
Merde à Vauban

Dingo animal libertaire

Posté par dingos à 18:41 - Politique - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 septembre 2007

Stop à la cruauté ! Non aux profits du crime contre l'animal.


Monsieur le Président de la République,

Madame la Ministre,

La Société Protectrice des Animaux (SPA) et ses associations partenaires CRAC, FLAC, PETA et ALLIANCE ANTICORRIDA viennent de me faire savoir que le Bureau de vérification de la publicité (BVP) a refusé la diffusion d'un spot sur la corrida.

Les motifs opposés sont édifiants : la vidéo risque de nuire aux intérêts économiques des professionnels de la tauromachie, notamment en pleine saison tauromachique.

Je suis profondément scandalisé(e) par cette censure qui est une véritable atteinte à la liberté d'expression.

En effet, comment, dans le pays des droits de l'Homme et des libertés est-il possible de museler des associations qui représentent près de 80 % des Français, opposés à la corrida.

Comment admettre la position partisane et partiale d'un organisme censé être indépendant?

Nous vous demandons par conséquent d 'arbitrer ce conflit et d'intervenir pour que notre opinion soit entendue et que ce spot puisse être librement diffusé sur les chaînes de télévision de manière à ce que le débat ne soit pas confisqué pour des intérêts corporatistes.

À la demande du BVP, le spot a été édulcoré à trois reprises pour ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes...

À notre tour, nous demandons aujourd'hui que vous protégiez la jeunesse en interdisant l'accès aux arènes aux mineurs de moins de 15 ans. Car il convient effectivement, comme le préconise le BVP, de soustraire les plus jeunes à la banalisation de la cruauté et à toute cette violence illustrée par le long supplice enduré par un être sensible, pour le plaisir d'une petite minorité.

Espérant que vous répondrez à nos attentes et que vous soutiendrez l'action de la SPA et de ses partenaires, je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, Madame la Ministre, à l'expression de ma très haute considération.


Protection des animaux

Posté par Yacedjaz à 20:10 - Politique - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juillet 2007

Du cancer en particulier

( Duerer; Ritter, tod und teufel )

Il existe un livre, le plus juste exercice de pensée que le cancer ait inspiré à un écrivain, le plus salutaire aussi vers lequel puisse se tourner un individu lorsqu'il en devient la victime. Il s'intitule La Maladie comme métaphore.

J'admire le geste de Susan Sontag qui, dans les années 70, atteinte d'un cancer au pronostic assez réservé_selon l'euphémisme habituel_, entreprend de faire de sa maladie un objet d'investigation intellectuelle, décide de retourner contre le discours social la violence que celui-ci exerce sur elle et sur toutes les autres malades en défaisant froidement la mythologie à l'aide de laquelle le tabou frappant la mort (...) s'impose dans la conscience collective pour y produire ses effets délérères.

Car il y a un mythe du cancer. Non pas au sens, bien sûr, où cette maladie serait une illusion, une chimère. Malheureusement, tous les faits prouvent le contraire : le cancer existe, il progresse, résiste aux traitements qu'on lui oppose, échappe aux efforts d'élucidation de la science. Il semble même qu'il renaisse aujourd'hui et que se développent désormais des formes virulentes contre lesquelles la thérapie se révèle encore plus impuissante qu'autrefois. Non, le mythe est d'une autre nature. Comme la peste ou la lèpre autrefois, comme la tuberculose hier, comme le sida aujourd'hui , il sécrète dans l'imaginaire un ensemble de croyances infondées qui visent à rendre recevable et supportable sa réalité aux yeux d'une collectivité qui désire avant tout pouvoir se détourner du démenti cruel que cette réalité oppose à l'optimisme social.

Ce sont ces croyances qu'analyse Susan Sontag. Elle témoigne. Comme le fera plus tard Hervé Guibert pour cette autre maladie (le sida) à laquelle Sontag a cru qu'il était également de son devoir de consacrer un livre (Le Sida et ses métamorphoses)_bien qu'elle en fût épargnée. Mais là où le romancier du Protocole compassionnel, sur la scène médiatique et littéraire, assume jusqu'à la provocation le rôle sacrificiel que le destin (je veux dire le hasard de la contamination et non quelque inexistante prédestination) lui avait imparti, l'essayiste de La Maladie comme métaphore déconstruit et le rôle du malade et la tragédie de la maladie pour développer la froide et ferme parole d'une démonstration rationnellement attachée à décomposer son objet. Il va de soi que je ne donne raison ni à l'un ni à l'autre en vue de les opposer. Car il me semble précisément que les livres qu'ils ont laissés sont comme les deux faces possibles d'un discours unique et indispensable.

Personne ne sait d'où vient le cancer. Ses raisons sont multiples et obscures. Même celles de ses causes qui sont isolables et identifiables (liées à la génétique, à l'environnement par exemple), la naissance du mal les imbrique au sein d'une logique où les facteurs sont si nombreux qu'il devient illusoire d'en déterminer les parts respectives dans le déclenchement de la maladie. La statistique son mot à dire. Mais ce mot ne concerne jamais le cas singulier qui, seul, importe au bout du compte. C'est pourquoi l'infime dérèglement cellulaire qui se produit chez l'un mais pas chez l'autre des individus soumis aux mêmes conditions de vie reste sans explication. Il y a là une énigme à laquelle ne se résout pas la croyance commune qui va essayer de substituer à l'affolante logique de l'absurde le système d'une interprétation erroné mais signifiante.

Tel que l'étudie Susan Sontag, le mythe du cancer repose sur une croyance fausse qui pose que la maladie est l'effet, chez le patient, d'un défaut du désir de vivre, "une forme d'autopunition, de trahison de soi". Sontag cite Reich pour qui le cancer est "une maladie faisant suite à la résignation émotionnelle, un rétrécissement bio-énergétique, un abandon de l'espoir". Elle cite Groddeck qui affirme que "ne meurt que celui qui veut mourir, celui à qui la vie est devenue insupportable". Et, avec une ironie toute voltairienne, elle note que "l'idée selon certaines natures sont plus disposées que d'autres à avoir un cancer, loin de relever de quelque superstition populaire passe pour l'avant-garde en médecine".

Que le cancer soit ainsi une maladie psychosomatique est une idée très largement répandue et dont le plus grand nombre ne doute pas qu'elle ait été vérifié statistiquement. Pourtant il n'en est rien. Cette thèse a été systématiquement réfutée. Ou, du moins, elle n'a jamais pu être sérieusement établie. Ce qui, en principe, devrait revenir au même_sauf à quitter le domaine de la démonstration scientifique pour celui de l'extrapolation métaphysique. Lucien Israël, qui fut le médecin de Susan Sontag et à qui elle a dédié son essai, l'écrit sans aucune ambiguïté dans le petit livre qu'il a consacré à la maladie et qu'il a nourri de son expérience et de son savoir sans beaucoup d'équivalents dans le domaine de la cancérologie. L'idée que le patient déclenche inconsciemment le développement de son cancer est unanimement rejeté comme une hypothèse sans fondement avéré par la médecine. Et la pratique hospitalière vérifie que la guérison des malades est totalement indépendante de leur envie de vivre : certains individus, passionnément attachés à l'existence, sont emportés en quelques mois par des tumeurs aux développement foudroyant et, inversement, on ne compte pas le nombre de centenaires dépressifs et suicidaires dont le désir de disparaître tarde à se traduire dans leur organisme. Il est donc inexact de laisser entendre que le cancer serait la sanction pathologique d'un désir de mourir qui s'exprimerait par le dérèglement cellulaire. L'objectivité oblige à dire que le cancer apparaît comme une affection concernant le corps mais sur laquelle l'âme, l'esprit ou la psychologie personnelle_quelque soit le nom qu'on préfère lui donner_ne sont susceptibles d'exercer aucun effet ni dans un sens ni dans l'autre.

Pourtant, rien n'y fait. Le mythe règne. Et sans doutes plus encore aujourd'hui qu'à l'époque où Susan Sontag écrivait. Il informe toutes les représentations du cancer dans la pensée courante. Je ne suis pas certain qu'à leur insu il n'influe pas parfois sur le travail des chercheurs et sur la pratique des docteurs. La maladie est une métaphore : la pathologie concrète et multiforme qu'on désigne sous le nom de cancer sert à désigner autre chose qu'elle-même, une figure radicale du mal à laquelle la société associe tous les fantasmes de ses effrois.

Mais la métaphore est également une maladie qui prolifère parmi les mots et charge ceux-ci de significations parasites qui en font les véhicules et les auxiliaires d'une conception du cancer néfaste aux malades. Chaque fois que l'on qualifie de "cancer" une réalité collective menaçante comme le chômage, la délinquance, l'alcoolisme (laissant entendre que le "vrai" cancer lui-même constitue un péril du même ordre tourné contre le corps social), chaque fois que l'on désigne les patients comme des "cancéreux" (comme s'ils composaient une espèce ou une race à part et que l'accident de leur maladie se confondait avec l'essence même de leur être), chaque fois qu'on les encourage à "lutter" contre leur mal (comme si celui-ci était un combat livré avec soi-même et dont l'issue dépendait des ressources d'énergie, de courage, de pugnacité déployées par le patient), on contribue à propager une vision superstitieuse et idéologique de la maladie qui en renforce le mythe. Et si l'éventuel progrès thérapeutique dépend exclusivement des moyens financiers, scientifiques et techniques mis en oeuvre par la collectivité, le traitement social de la maladie, la considération humaine des effets dévastateurs qu'elle produit sur les individus, dépend également de l'effort de démystification vigilante que la raison peut lui opposer.

La doxa, l'opinion, veut ainsi que le cancer réponde à une carence coupable de l'énergie de vivre. Et il va de soi qu'on trouve de prétendus savants pour lui fournir la caution de fausses théories monnayées au mieux sur le marché de la crédulité sociale.
Si une telle vision domine, c'est parce qu'elle vient combler le vide, suturer la plaie qu' ouvre dans la réalité le spectacle insensé d'une maladie qui frappe aveuglément sans se soucier de savoir qui est digne de vivre et qui mérite de mourir. Une justice se trouve ainsi fantasmatiquement rétablie qui rend à chacun son dû. Mais une telle entreprise n'est possible qu'au prix d'une opération qui s'effectue sur le dos de ceux qui souffrent deux fois, portant le fardeau de leur maladie et celui de devoir s'accepter responsables _ au fond : coupables_ de celle-ci. Car, comme l'écrit Sontag, "les théories psychologiques de la maladie constituent un moyen puissant de rejeter la faute sur le malade" : "Lui expliquer qu'il est , sans le savoir, la cause de sa maladie, c'est aussi ancrer en lui l'idée qu'il l'a méritée."

Non, le fond de l'affaire est bien plus simple. Et bien plus terrible aussi. La maladie, écrit encore Sontag, n'est "ni une malédiction, ni une punition, ni une honte ". Elle est une "entité dépourvue de sens". Mais qui supporterait vraiment qu'une telle absence de signification gouverne ainsi arbitrairement sa vie ?

Les malades eux-mêmes, tout comme ils intériorisent la réprobation sociale dont ils sont l'objet, finissent parfois par se rallier aux théories infondées que propage la superstition qui les ostracise. Plutôt que de devoir affronter l'insignifiance de leur sort, ils lui préfèrent même une explication qui se fasse contre eux et à leur dépens, pensant qu'après tout, s'ils sont malades, c'est peut-être bien qu'il l'ont voulu. Alors ils s'engagent dans un exercice sans issue d'introspection et de mortification qui les met en quête de la secrète raison de souffrir et de mourir que doit receler, quelque part, leur passé et qu'à force de chercher ils arrivent à découvrir ou bien à inventer. Et sans doute, cette manière qu'ont souvent les malades de se raconter leur vie afin de s'expliquer leur maladie leur permet-elle aussi d'en reconquérir symboliquement la maîtrise, de se la réapproprier pour la transformer en un roman dont ils peuvent avoir l'impression de magiquement contrôler le cours.

Il y a un livre que citent la plupart des ouvrages de vulgarisation médicale ou scientifique consacrés au cancer. Il s'agit du Mars de Fritz Zorn dans lequel l'auteur relate comment sa haine de lui-même_ produit d'une névrose familiale et nationale _ l'a conduit à développer un cancer fatal. Pour Zorn, comme pour beaucoup de patients, la maladie n'est pas absurde. Elle parle. Mais elle le fait contre eux. Car c'est pour dire exclusivement le désir de mourir du malade, sa fascination pour une sorte de martyre masochiste par le-quel l'individu s'affirme et se détruit à la fois. Et que la maladie répond à l'appel du malade qui, inconsciemment, réclame lui-même la douleur qui l'afflige. Ce qui signifie donc que tous ceux qui souffrent, au fond d'eux-mêmes, l'on bien voulu et, disons-le, bien cherché. Avec de tels pseudo-raisonnements, la bonne conscience sociale liquide et évacue l'aporie scandaleuse de la douleur. Et, pour ma part, je serai tenté de dire que le quasi-consensus suscité par l'ouvrage de Zorn tient moins à l'admiration de ses lecteurs pour le texte et l'expérience qu'il relate qu'à l'adhésion à la thèse assez ignominieuse qu'il exprime, et contre laquelle la pensée de Susan Sontag devrait, si cela était possible, agir comme un salutaire antidote.
( extrait de : Tous les enfants sauf un, Philippe Forest. Gallimard, 2007 )

Posté par teci à 14:29 - Politique - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juin 2007

Rencontres au jardin

Chienssouffle

Nous on se repose et on y retourne

dans les Manuscrits de 1844, Marx cite Feuerbach :
"Sans limite, temps, ni souffrance, il n'est non plus ni qualité, ni énergie, ni esprit, ni flamme, ni amour. Seul l'être nécessiteux est l'être nécessaire. Une existence sans besoin est une existence superflue(...). Un être sans souffrance est un être sans fondement. Seul mérite d'exister celui qui peut souffrir. Seul l'être douloureux est un être divin. Un être sans affection est un être sans être."

Si la souffrance peut apparaître d'abord comme pure conséquence d'une altération de nous même, elle se laisse lire, après coup, comme la trace signifiante d'une Altérité qui sépare le Vivant de toutes les représentations qu'il a de lui même, et qui vit en lui, dans son corps.

Dingo


Posté par dingos à 12:26 - Politique - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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