31 octobre 2008
Réponse
"Les idées sont pliées dans les âmes, et leur fond obscur est comme une myriade de pliures
que parcourent les perceptions et dont seulement une partie franchit le seuil de la conscience."
Le Pli, Liebnitz et le Baroque
Gilles Deleuze
Cette citation de Liebnitz convoque les dimensions de l'intériorité, du secret et de l'intime.
Toute une vie durant, s'inscrivent dans nos plis les plus intimes nos bonheurs, nos chagrins et nos deuils.........
29 août 2007
Durée et prévision
« […] on se figure que toute chose qui se produit aurait pu être aperçue d'avance par quelque esprit suffisamment informé, et qu'elle préexistait ainsi, sous forme d'idée, à sa réalisation ; — conception absurde dans le cas d'une œuvre d'art, car dès que le musicien a l'idée précise et complète de la symphonie qu'il fera, sa symphonie est faite.
Ni dans la pensée de l'artiste, ni, à plus forte raison, dans aucune autre pensée comparable à la nôtre, fût-elle impersonnelle, fût-elle même simplement virtuelle, la symphonie ne résidait en qualité de possible avant d'être réelle.
Mais n'en peut-on pas dire autant d'un état quelconque de l'univers pris avec tous les êtres conscients et vivants ?
N'est-il pas plus riche de nouveauté, d'imprévisibilité radicale, que la symphonie du plus grand maître ?
Toujours pourtant la conviction persiste que, même s'il n'a pas été conçu avant de se produire, il aurait pu l'être, et qu'en ce sens il figure de toute éternité, à l'état de possible, dans quelque intelligence réelle ou virtuelle.
En approfondissant cette illusion, on verrait qu'elle tient à l'essence même de notre entendement.
Les choses et les évènements se produisent à des moments déterminés ; le jugement qui constate l'apparition de la chose ou de l'évènement ne peut venir qu'après eux ; il a donc sa date.
Mais cette date s'efface aussitôt, en vertu du principe, ancré dans notre intelligence, que toute vérité est éternelle.
Si le jugement est vrai à présent, il doit, nous semble-t-il, l'avoir été toujours.
Il avait beau n'être pas encore formulé : il se posait lui-même en droit, avant d'être posé en fait.
À toute affirmation vraie nous attribuons ainsi un effet rétroactif ; ou plutôt nous lui imprimons un mouvement rétrograde.
Comme si un jugement avait pu préexister aux termes qui le composent !
Comme si ces termes ne dataient pas de l'apparition des objets qu'ils représentent !
Comme si la chose et l'idée de la chose, sa réalité et sa possibilité, n'étaient pas créées du même coup lorsqu'il s'agit d'une forme véritablement neuve, inventée par l'art ou la nature !
Les conséquences de cette illusion sont innombrables.
Notre appréciation des hommes et des évènements est tout entière imprégnée de la croyance à la valeur rétrospective du jugement vrai, à un mouvement rétrograde qu'exécuterait automatiquement dans le temps la vérité une fois posée.
Par le seul fait de s'accomplir, la réalité projette derrière elle son ombre dans le passé indéfiniment lointain ; elle paraît ainsi avoir préexisté, sous forme de possible, à sa propre réalisation.
De là une erreur qui vicie notre conception du passé ; de là notre prétention d'anticiper en toute occasion l'avenir.
Nous nous demandons, par exemple, ce que seront l'art, la littérature, la civilisation de demain ; nous nous figurons en gros la courbe d'évolution des sociétés ; nous allons jusqu'à prédire le détail des évènements. »
(Henri Bergson, La Pensée et le mouvant)
19 juin 2007
Dingo à Pierina
Pierina extra terrestre
Elle rit avec son coeur à chaque instant...
Son texte est dans le premier commentaire
Dingo
09 juin 2007
SJP : LA MORT
SJP ça veut dire Sujet du Jour Proposé. Les longs titres dans les messages c'est chiant
Je ne crois pas que nous soyons préoccupés par notre seule mort. Epicure, Lucrèce pouvaient voir les choses autrement : la mort était rapide
Elle est maintenant souvent devenue agonie interminable
De plus ce n'est pas forcément à sa propre mort que l'on est sensible, mais à la mort d'êtres aimés. Qu'est-ce qui a changé ?
Le réel n'est pas transcendental et nulle vilenie n'est punie au delà de l'immanence
Franco mort dans son lit, c'est vrai que cela me touche !
J'irai encore chercher Léo "On couche toujours avec des morts, on couche toujours avec des morts, on couche toujours avec des morts...Pépée"
La disparition d'UN n'empêche rien. Pourtant pour cet UN l'univers était fait avec lui
C'est peut-être pour ça que j'ai toujours aimé le père noël. UN est unique dans la multitude
Dingo
06 juin 2007
Dingo : La Libération Animale
La capacité à souffrir - ou plus précisément, à souffrir et/ou à éprouver le plaisir ou le bonheur - n'est pas simplement une caractéristique comme une autre comme la capacité à parler ou à comprendre les mathématiques supérieures. (...) Quand [Bentham] dit que nous devons considérer les intérêts de tous les êtres capables de souffrir ou d'éprouver du plaisir, il n'exclut de façon arbitraire du bénéfice de la considération aucun intérêt du tout - contrairement à ceux qui tracent la ligne en fonction de la possession de la raison ou du langage. La capacité à souffrir et à éprouver du plaisir est une condition nécessaire sans laquelle un être n'a pas d'intérêts du tout (...). Une pierre n'a pas d'intérêts parce qu'elle ne peut pas souffrir. Rien de ce que nous pouvons lui faire ne peut avoir de conséquence pour son bien-être. La capacité à souffrir et à éprouver du plaisir, est, par contre, une condition non seulement nécessaire, mais aussi suffisante, pour dire qu'un être a des intérêts - il aura, au strict minimum, un intérêt à ne pas souffrir. (LLA, pp. 37 et 38 ; la dernière phrase a été ajoutée dans cette seconde édition.)
Peter Singer

